Pour bien commencer l’année, même si je conçois bien que cela fait plus de 15 jours que celle-ci est entamée, quoi de mieux qu’un abécédaire du sport dédié à 2020 et les nombreux événements mais aussi tendances et technologies qui seront au rendez-vous. Comme tout abécédaire, il y a des lettres pour lesquelles on pourrait mettre trois mots différents et d’autres où on aimerait bien pouvoir faire un abécédaire multilingue parce que vraiment le W c’est comme au Scrabble, une tannée. Il a donc fallu faire des choix, improvisés et si une lettre ne vous semble pas correcte, libre à vous de suggérer un autre thème.

Arabie Saoudite

Le pays n’en finit plus de faire parler sur la scène sportive internationale en dépensant des millions pour accueillir des événements en tout genre. Alors que la phase finale de la SuperCopa espagnole s’y est achevée le week-end dernier et que le Dakar a pris fin aujourd’hui, d’autres événements arrivent comme une manche de l’European Tour, le Saudi Tour qui est le premier tour cycliste organisé dans le pays ou encore la Saudi Cup le 29 janvier prochain qui est une course hippique avec le plus important prize money : 20 millions de dollars. Mi-décembre, on apprenait également qu’un tournoi du LET, le tour européen de golf féminin, aurait lieu mi-mars avec là aussi un prize money alléchant de 1 million de dollars. Au-delà du sport, c’est globalement à travers du divertissement que le pays veut attirer l’attention dans le cadre de son plan de développement et de diversification de revenus « Vision 2030 ». Pour exemple, après l’organisation du festival MDL Beast Festival qui avait attiré des DJ tels que Tiesto, David Guetta ou encore Martin Garrix, ce sont Wiz Khalifa, Young Thug et DJ Snake qui seront de la partie pour le concert de fin de Dakar, rémunérés directement par le pays.  

Budapest

Pour les amateurs de tourisme sportif, Budapest est la destination de l’année. La ville accueille cette année ses traditionnels tournois WTA au mois de février et ATP au mois d’avril, le départ du Giro au mois de mai et fait partie des 12 villes qui accueillent des matchs de l’Euro 2020 avec notamment deux matchs de l’équipe de France lors de la phase de poule en juin. Ajoutez à cela les championnats d’Europe hommes et femmes de Water-Polo qui commencent cette semaine, une manche de pentathlon moderne et les championnats d’Europe de plongeon début Juillet. Non vraiment, si vous cherchiez une excuse pour aller visiter Budapest (et faire un tour dans leurs célèbres bains), vous avez là un large choix d’événements pour vous organiser.

Capital d’investissement

De nombreux clubs de football ont déjà fait les frais des fonds d’investissement à l’instar des Girondins de Bordeaux et de King Street mais maintenant, les fonds d’investissements se lancent à l’assaut des compétitions sportives comme CVC qui possède 27% de la Premiership (championnat de rugby anglais) ou encore 15% des droits commerciaux du tournoi des VI Nations. Cette montée en puissance des fonds d’investissement ne devrait pas s’arrêter puisque ceux-ci investissent aussi dans l’eSport. Néanmoins, le terme « fond d’investissement » peut sembler assez péjoratif au premier abord puisque celui-ci implique généralement une vision à court-terme avec l’objectif de créer de la valeur pour mieux la revendre. Dans ce contexte, on peut comprendre la réticence des supporters qui y voit là une occasion pour ces fonds de dégager plus de revenus sans s’intéresser à construire une structure pérenne. 

Dopage

Lors de chaque année olympique, le thème du dopage fait un peu plus l’actualité que les autres années. Il faut dire qu’avec la suspension de la Russie pour les Jeux et les compétitions internationales pendant 4 ans pour cause de dopage étatique, les contrôles à des heures dérangeantes qui feront sûrement l’actualité pendant les grandes compétitions et les articles sur le fonctionnement de l’Agence Mondiale Anti-Dopage toujours au rendez-vous, oui 2020 sera encore une année de débat. Il faudra d’ailleurs suivre avec attention la suite donnée à l’appel déposé par la Russie au Tribunal Arbitral du Sport. Toujours côté dopage, le deuxième sujet qui devrait faire l’actualité c’est la légalisation du cannabis par la Major League Baseball au mois de décembre dernier. D’autres ligues américaines comme la NFL et la NHL conduisent actuellement des études pour évaluer si le cannabis peut être un traitement efficace contre la douleur et on devrait donc voir en 2020 des nouvelles légalisations arrivées. A noter que cela n’handicape pas la participation à des compétitions internationales puisque l’Agence Mondiale Anti-Dopage a enlevé le cannabis des produits dopants en 2017. 

Engagé

Aujourd’hui on a besoin que les marques et les événements sportifs s’engagent. Que cela soit en faveur de l’égalité hommes-femmes, le sport féminin, l’environnement, le handicap… Les marques doivent adopter un créneau qui certes s’apparente à une stratégie marketing bien élaborée mais surtout, doivent prendre les mesures à la hauteur de leur engagement. Ce que les américains résument par le « brand activism » va directement influencer nos manières de consommer dans les prochaines années. Quand il faudra choisir entre consommer telle ou telle marque, la préférence de marque ne s’établira plus sur notre historique avec celle-ci mais d’après le lien émotionnel que la marqye a su créer en s’engageant. Nous sommes tous de plus en plus sensible à ce que font les marques pour la société et cela est la même chose dans le sport. On a déjà vu par le passé une marque comme Nike prendre parti dans le cas de Colin Kaepernick ou encore revoir ses contrats avec ses égéries féminines pour mieux les considérer. Cela continuera demain et des questions comme « Comment un club sportif réduit son empreinte carbone ? », « Quelles mesures réelles prennent les instances dirigeantes en faveur de l’égalité hommes-femmes ? » ou encore « Est-ce que le sport féminin est un élément de communication juste parce que l’investissement financier est moindre que dans le football masculin ou un atout dans lequel on investit pour accompagner son développement ? » seront au cœur des discussions. Ce ne sont plus seulement sur leurs produits mais bien sur leurs actions et leur éthique qu’on jugera les marques demain. 

Fan expérience

Comme en 2019, le fan qui se rend au stade ou à l’arena n’est plus simplement là pour assister à un spectacle sportif mais pour vivre une expérience. Les outils traditionnels du sponsoring qui se résument par de la visibilité ne sont plus efficaces s’ils ne sont pas complétés par une expérience émotionnelle, immersive ou digitale pour le fan. Dans le même lot, le fan qui ne peut pas se rendre au stade veut aussi pouvoir profiter d’une expérience et ce sont les marques qui se positionneront sur ce créneau, celui de l’expérience in-stadium et hors stade, qui vont conquérir le cœur des consommateurs. A travers la fan expérience, le fan doit se sentir privilégié, chouchouté même, et avec le sentiment de vivre un moment unique. Cela ne signifie pas créer une expérience VIP pour tous les spectateurs mais utiliser des outils qui personnalisent l’expérience pour chacun. En ce sens, la réalité augmentée et la réalité virtuelle sont de précieuses technologies qui enrichissent l’offre. De plus, on compare souvent l’expérience américaine avec l’expérience européenne mais nous avons tort de croire qu’il faut transvaser le premier modèle au second. Nous devons pouvoir divertir le consommateur sans avoir à créer une course de bébé à la mi-temps d’un match qui déclencherait un scandale en France là où les Américains en raffolent. 

Global Sports Week

La première édition de la Global Sports Week qui réunit les leaders du sport, du business et de la société se déroulera le 6 et 7 février prochain au Carrousel du Louvre. La grande thématique de cette année est « Making Business With Purpose » et nous retrouverons des débats divers comme « Comment le sport peut-il être compétitif dans la bataille du divertissement ? », « Les nouveaux modèles de financement du sport », « Les athlètes prennent le pouvoir : quel impact pour le monde du sport », « L’Arena du futur » ou encore « Le direct reste-t-il le premium content du sport ? ».  Cet événement réunira une riche scène internationale puisque des speakers comme Chase Carey, Président et Directeur Général de la F1, Andrew Parsons, Président du Comité International Paralympique, ou encore Andreas Zagklis, Secrétaire Général de la FIBA, sont attendus. L’événement a également le soutien de Paris 2024 et de plusieurs institutions comme le Ministère des Sports, la ville de Paris et Sporsora. Les conversations autour de l’événement risques d’être passionnantes et intéressantes, de quoi être inspiré sur la question des droits TV, de l’expérience fan ou encore en terme de storytelling pour l’année à venir.

Homeless World Cup

En 2020, la 18ème édition de la Homeless World Cup se déroulera à Tampere en Finlande du 28 juin au 5 juillet. Au programme, une semaine de compétition, plus de 500 joueurs et 50 pays représentés. Face aux grandes compétitions sportives, il est important de rappeler que le sport est aussi un vecteur d’insertion comme le souhaite cette compétition. 94% des participants disent que la Homeless World Cup a positivement impacté leur vie quand 77% disent avoir changé de vie grâce à leur implication dans le football. Alors qu’il n’est pas possible de participer à plusieurs reprises à la compétition, de belles histoires sont à partager comme celle de Natalie Handley, membre de l’équipe écossaise en 2014 qui est ensuite devenue assistante de la manager de l’équipe écossaise féminine lors des éditions 2015 et 2016 puis arbitre. L’événement permet aux personnes sans-abris ou ayant été sans-abris l’année avant la compétition d’être encadrées par des associations nationales afin de redonner un sens à leur vie. Pour certains c’est les aider à vaincre l’alcoolisme, trouver une carrière, d’autres à prouver qu’ils ne sont pas qu’un mot. La Homeless World Cup redonne confiance et développe de nombreux programmes d’aides au travers de sa fondation.

Inter Miami FC

L’Inter Miami FC est l’une des deux franchises avec le Nashville SC qui intègre la Major League Soccer en 2020. La franchise, dont le président est David Beckham, a obtenu sa place le 29 janvier 2018 et fera ses premiers pas dans le championnat le 1er mars prochain face au Los Angeles Football Club à l’extérieur avant de jouer dans son stade le 14 mars face au LA Galaxy. L’heure de vérité donc pour ce club qui a nommé son entraîneur, Diego Alonso, seulement le 30 décembre dernier après le recrutement de, déjà, plusieurs joueurs. Un club qui cumule aussi plus de 100 000 fans sur Facebook, près de 94 000 abonnés sur Twitter et plus de 470 000 abonnés sur Instagram sans avoir joué un match. Cela traduit une politique digitale bien pensée où l’identité du club est déjà bien installée avec du contenu rose et gris qui incitent aux likes. Le club peut aussi compter sur des partenaires commerciaux comme Heineken, Bodyarmor et Adidas comme équipementier. Il reste donc à voir les premières affluences et surtout, les premiers résultats sportifs. 

Jeux vidéos

Il est vrai que « jeux vidéos » ça fait un peu has been dans une ère où le eSport est un terme qui correspond mieux au phénomène lié au sport néanmoins, il fallait trouver comment utiliser la lettre « j ». En 2020, l’eSport continue de grandir et au-delà des compétitions qui se multiplient et des prize money alléchants, c’est l’aspect commercial de l’eSport qui devrait s’accentuer. L’eSport attire les marques mais attention, les consommateurs d’eSport ne sont pas des fans lambda. Exit les marques qui prennent de haut l’eSport et qui y voit simplement une opportunité de toucher un public jeune, le fan n’est pas dupe et se dit sensible à ces marques si elles démontrent un véritable intérêt. On devrait également assister au développement de partenariats individuels avec des joueurs professionnels. Il faut dire que pour certaines marques, investir auprès d’un athlète n’est plus intéressant. Les négociations sont longues, les sommes exorbitantes et le marché se sature avec des athlètes qui multiplient les contrats individuels. Quoi de mieux que se tourner vers des joueurs eSport plus accessibles et tout aussi bankable. C’est l’occasion aussi de parler de Twitch, la plateforme de streaming de contenus en direct sur laquelle un spectateur consomme en moyenne 2h de contenus par jour et qui prend de plus en plus d’ampleur. Pouvons-nous imaginer en 2020 qu’un match de Ligue 1 ou de l’équipe de France soit accessible sur la plateforme avec les commentaires d’un ancien joueur ou d’un journaliste d’une autre chaîne que celle qui a les droits ? Aux Etats-Unis, Twitch propose déjà les rencontres du jeudi soir de NFL et a signé un partenariat avec la Fédération Américaine de Basketball pour proposer du contenu exclusif autour de ses équipes nationales et des retransmissions de rencontres amicales et jeunes.

Karaté

Le karaté est l’un des cinq sports supplémentaires qui a été ajouté au programme des Jeux Olympiques 2020 cet été avec le baseball/softball, l’escalade sportive, le skateboard et le surf. C’est donc 474 athlètes qui auront la chance de participer à l’une des 18 disciplines ajoutées après avoir décroché leur place lors d’un tournoi de qualification olympique. Pour le karaté, la dernière chance de se qualifier sera en France lors du seul tournoi de qualification organisé à l’Accor Arena les 8, 9 et 10 mai prochain. Les 8 catégories seront au rendez-vous et 3 athlètes par catégorie seront qualifiés par les Jeux. Bien que la billetterie ne soit pas ouverte, c’est le moment de bloquer son agenda pour en découvrir davantage sur cette discipline avant les Jeux et encourager l’équipe de France qui tentera de qualifier le plus d’athlètes pour Tokyo.

Liga Iberdrola

La Liga Iberdrola est l’équivalent de la D1 Arkema française, la première division de football féminin. Une compétition où le FC Barcelone et l’Atlético Madrid ont l’habitude de se disputer la première place et où le CD Tacon, qui deviendra le Real Madrid lors de la prochaine saison, a fait ses premiers pas cette saison. C’est aussi un championnat où les joueuses ne se laissent pas marcher sur les pieds et le 17 novembre dernier, elles ont décidé de se mettre en grève. Cela faisait suite à un an de discussions entre l’Association des Footballeurs Espagnols et la fédération sur la mise en place d’une convention collective notamment pour réévaluer un salaire annuel minimum, un plan d’aide à la reconversion, différentes primes et un soutien dans la grossesse et la maternité. La pression médiatique a fait céder la fédération et dès le lundi suivant les joueuses mettaient fin à leur grève. Le 20 décembre dernier, la fédération, les syndicats et la Liga ont signé un pré-règlement concernant la première convention collective du football féminin espagnol. Celui-ci comprend les salaires et notamment un salaire minimum de 16 000€ annuels, les accords de maternité et de vacances. En 2020, il sera intéressant de voir sa mise en exercice et comment leur action inspire les joueuses des autres championnats à défendre leurs droits dans des championnats féminins bien inégaux.

Mercedes & McLaren

Mercedes et McLaren, deux écuries de Formule 1 qui doivent être en train de perfectionner leurs voitures pour 2021 et qui ont toutes les deux récemment signées des partenariats avec des équipes cyclistes professionnelles. La première, Mercedes, a signé un partenariat avec Ineos dans l’idée de fusionner leurs recherches et développements autour du sport automobile, la voile mais aussi le cyclisme afin d’améliorer leurs performances et innover dans des domaines tels que les sciences humaines, l’analyse de données, la simulation et l’ingénierie. La seconde, McLaren, a signé un partenariat titre auprès de l’équipe Bahrain et remplace Merida pour se nommer à présent Bahrain-McLaren. Dans ce partenariat, l’approche est différente de celle d’Ineos qui s’engage eux sur un partage de connaissance avec ici une mise à disposition du savoir-faire McLaren pour améliorer les performances de cette équipe cycliste. McLaren souhaite optimiser les technologies utilisées, apporter sa patte au développement des vélos mais aussi s’occuper du développement des activités marketing de l’équipe. Un statut donc de co-sponsor dans lequel McLaren va pouvoir se servir de ses avancées dans le sport automobile pour faire grandir et continuer à innover.  

NBA Paris Game

Là aussi on triche un peu, à travers cette lettre c’est surtout la politique de globalisation de la NBA dont on va parler. Dans une semaine, le premier match parisien de la NBA, qui a prévu d’organiser deux rencontres en 2020 et 2021 sur le sol français, aura lieu à l’Accor Arena. Un match européen qui avait précédemment l’habitude d’avoir lieu à Londres, là où la NBA a d’ailleurs son bureau européen. Mais les matchs en dehors du territoire ne s’arrêtent pas là. On a vu l’Inde, la Chine, le Mexique et après trois éditions en Afrique en 2015, 2017 et 2018, dans quelques semaines sera lancée la BAL aka la Basketball Africa League. Une compétition rassemblant 12 équipes qui joueront dans 6 villes de 6 pays différents : le Sénégal, l’Egypte, le Maroc, l’Angola, le Nigéria, la Tunisie et le Rwanda aussi hôte du Final Four. L’Afrique n’attire pas que la NBA puisque la FIFA a également annoncé l’ouverture d’un quatrième bureau régional en Afrique à Brazzaville afin de soutenir la mise en œuvre de projets de développement du football. Revenons à la NBA et à sa fabuleuse stratégie de globalisation, celle-ci n’a pas fini de s’étendre puisque pour la première fois de l’histoire, une équipe hors Etats-Unis et Canada va intégrer la G-League : les Mexico Capitanes.

OL – Reign FC

Le mois dernier, OL Groupe a annoncé l’acquisition du club de football américain féminin Reign FC au travers du rachat de ses actifs pour un montant de 3,51 millions de dollars se divisant en 89,5% détenu par OL Groupe, 7,5% détenu par Bill Predmore, précédent investisseur et dirigeant du Reign FC, 3% pour Tony Parler, ambassadeur de la marque OL aux Etats-Unis qui a œuvré dans les négociations. Jean-Michel Aulas assurera la présidence du Conseil d’Administration au sein duquel sera aussi présent Tony Parker tandis que Bill Predmore reste président du club. Le Reign FC étant un membre fondateur de la NWSL, l’OL Groupe devient par la même occasion actionnaire de la compétition. L’objectif est clair pour l’homme d’affaire qu’est Jean-Michel Ailas : exporter la marque et le savoir-faire de l’OL à l’étranger mais pas seulement. L’OL a toujours été un excellent centre de formation et quoi de mieux pour le meilleur club féminin du monde d’avoir une pépinière de talents aux Etats-Unis, meilleure nation du monde. Avec le Reign FC, l’OL se lie à un club qui évolue dans un championnat à la saisonnalité différente ce qui facilite les échanges mais aussi qui lui permet d’être constamment dans l’actualité. Autre point, avec Megan Rapinoe dans l’équipe, on peut penser que commercialement parlant en termes d’attractivité de sponsors mais aussi merchandising, c’était le moment d’investir. La stratégie de l’OL Groupe d’acquérir un second club peut faire penser à d’autres entreprises comme Red Bull ou City Football Group qui se sont créer un empire à travers le monde soutenant leur business localement en détenant plusieurs clubs de football. Il sera donc intéressant de voir les premiers pas de cette équipe sous l’ère OL mais surtout, si l’appétit de la maison mère a vocation à grandir.

Personnalisation

Dans un monde où on nous parle constamment de globalisation et d’aller toucher des marchés étrangers, la personnalisation est au coeur du réacteur. Aujourd’hui, on doit personnaliser les contenus, les actions, les expériences en fonction du public auquel on s’adresse. On doit personnaliser l’offre pour lui donner du sens. Est-ce qu’on peut décemment penser qu’une marque partenaire de 4 clubs différents peut activer ses droits de la même manière sans penser au contrainte et à l’écosystème local ? Est-ce qu’on peut imaginer exporter une rencontre européenne aux Etats-Unis sans rentrer dans les codes de la culture US où un match commence deux heures avant sur le parking et est synonyme de spectacle ? Comme on peut le voir lors du nouvel an chinois quand moult clubs floquent leurs maillots en mandarin ou quand le Real joue en Arabie Saoudite avec un flocage en arabe, pour conquérir il faut personnaliser. Cette personnalisation sera au coeur des préoccupations des institutions qui cherchent à s’étendre sans pour autant perdre de vue les consommateurs de leur marché initial qui constituent leurs principaux clients.

Quarante aka la règle 40 du CIO

2020 étant une année olympique, la règle 40 de la charte olympique va faire couler beaucoup d’encre. Pour rappel, la règle 40 interdit l’utilisation des performances individuelles au profit d’intérêts commerciaux soit « aucun concurrent, entraîneur, instructeur ou officiel qui participe aux Jeux Olympiques ne doit permettre que sa personne, son nom, son image ou ses performances sportives soient exploités à des fins publicitaires pendant les Jeux Olympiques. » et ceci est valable entre la date d’ouverture du village olympique et s’achève à la fin du troisième jour suivant la cérémonie de clôture des Jeux. Pour faire simple, un athlète qui a pour sponsor une marque qui n’est pas partenaire du CIO ne peut pas faire de la promotion pour cette marque pendant ce lapse de temps et la marque partenaire n’a pas le droit d’utiliser l’image de l’athlète en relation avec la compétition qu’il dispute c’est à dire qu’elle ne peut même pas le féliciter pour sa médaille en utilisant le mot « médaille » ou « or » qui étaient des termes interdits par le CIO lors des Jeux à PyeongChang. Des pratiques vivement critiquées par les athlètes puisque leurs sponsors contribuent comme soutien financier à leur carrière et cela peut être considéré comme un frein pour certaines marques. Ce sont d’abord les athlètes allemands qui ont lancé la rébellion. En février dernier, l’agence allemande antitrust a qualifié cette règle d’abusive et estime que le CIO et le comité national olympique doivent être soumis aux lois locales. L’agence antitrust permet désormais aux athlètes allemands d’utiliser des termes tels que « médaille, or, argent, bronze, Jeux d’hiver ou d’été », sur les réseaux sociaux et d’utiliser certaines photos d’eux-mêmes aux Jeux, notamment celles où les symboles olympiques ne sont pas visibles. L’Australie a également suivi le mouvement et en octobre, ce sont les Etats-Unis qui ont annoncé que la règle 40 ne s’appliquera plus aux athlètes olympiques et paralympiques à partir des prochains Jeux. La directrice générale du comité olympique et paralympique américain a précisé que la ligne directrice permet aux athlètes d’exploiter leurs performances sur le plan marketing pour ne pas défavoriser les partenaires et mettre en danger les sources de financement. Ainsi les athlètes américains pourront désormais citer leurs sponsors et les remercier notamment sur les réseaux sociaux. Les sponsors pourront eux aussi utiliser pendant l’événement le nom et l’image de leurs athlètes sans pour autant pouvoir exploiter la charte olympique. Début janvier, c’est le Canada qui a également décidé de ne plus respecter la règle 40 alors qu’en juin dernier, le CIO avait modifié la règle 40 en indiquant désormais que « Les concurrents, officiels d’équipe et autres membres du personnel d’équipe qui participent aux Jeux Olympiques peuvent permettre que leur personne, leur nom, leur image ou leurs performances sportives soient exploités à des fins publicitaires pendant les Jeux Olympiques conformément aux principes établis par la commission exécutive du CIO. ». En attendant le début de Tokyo 2020, il est fort à parier que certains pays décident également de faire l’abstraction sur cette règle.

Streaming

En 2020, les plateformes d’OTT et de streaming seront toujours bien présentes pour faire de la concurrence aux chaînes télés. Pour rappel, une plateforme OTT c’est un service de livraison d’audios, de vidéos et autres médias via Internet sans la participation d’un opérateur de réseau traditionnel. Le meilleur exemple pour illustrer l’OTT est bien évidemment Netflix. En France, même si les opérateurs adorent proposer des offres d’abonnement internet et télé combinés, les chaînes de sport ne sont pas souvent incluses dans le forfait et demandent un coût supplémentaire. La question est donc la suivante : pourquoi payer un abonnement télé pour un programme que je regarde deux à trois fois par semaine quand je peux me procurer un service tout aussi qualitatif via une plateforme OTT et très souvent, à la demande ? La magie de l’OTT c’est de proposer des offres pour tous les profils et ça les ligues comme la NBA, qui propose la meilleure offre sur le marché, l’ont très bien compris. Le NBA League Pass c’est pouvoir acheter un match, tous les matchs d’une équipe ou tous les matchs de toutes les équipes. C’est aussi avoir accès à des fonctionnalités exclusives pour avoir un condensé d’une rencontre, un streaming sur plusieurs appareils, des actions en réalité augmentée… L’OTT permet au fan de créer son programme et d’être maître de ses choix car contrairement à ce que l’on pense, le fan est prêt à dépenser de l’argent pour suivre son équipe si le service est à la hauteur. Les OTT sont, à l’instar de Facebook qui diffusent des matchs de Champions League en Amérique Latine, des plateformes qui diffusent également des rencontres live comme Amazon Prime qui a acquis et retransmis 6 rencontres de Premier League lors du dernier Boxing Day. Dans le même registre de nombreuses ligues européennes ont lancé leur plateforme OTT pour proposer du contenu inside et exclusif mais surtout conquérir des marchés étrangers. C’est d’ailleurs en ce début d’année que la plateforme « My Ligue 1 » de la LFP devrait voir le jour.

Tokyo 2020

Plus que 188 jours avant que ne débutent les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Des jeux qui se veulent moderne de part les 5 nouveaux sports au programme mais aussi avec des équipements conçus en fonction des aléas naturels pour résister aux séismes et aux tsunamis. Des Jeux en faveur de la protection de l’environnement comme l’illustrent les lits flambants neufs en carton prévus au village des athlètes et qui ont fait la une la semaine dernière ou encore les médailles en métaux recyclés réalisées à partir de la campagne de dons réalisée en avril 2019 qui avait permis de collecter 75.895 tonnes d’appareils électroniques. Malgré tout, les fortes chaleurs sont à craindre avec des températures avoisinant les 30 degrés et un taux d’humidité à 80%. On se souvient de l’été dernier lors des épreuves qualificatifs du triathlon où la course à pied était passée de 10 à 5km et pourtant, Cassandre Beaugrand avait dû se faire hospitaliser en raison d’un coup de chaleur. Pareil lors des championnats du monde junior d’aviron ou lors des épreuves qualificatifs d’eau libre. Pour contrer ces températures élevées, certaines épreuves d’athlétisme se dérouleront non plus à Tokyo mais à Sapporo comme le marathon et la marche. De son côté, le marathon des Jeux Paralympiques est toujours prévu à Tokyo et l’IPC est prête à ce qu’il parte à 6h du matin si cela améliore les conditions des athlètes. L’IPC qui essaye toujours de faire en sorte que l’accessibilité soit au rendez-vous dans les hôtels. En effet, à Tokyo, seuls les hôtels ayant plus de 50 chambres doivent s’équiper d’au moins une chambre accessible aux handicapés, peu importe si l’hôtel a finalement 51 chambres ou 200. En 2019, on comptait 700 chambres accessibles aux personnes en fauteuil roulant et on espérait en avoir 850 au moment des Jeux. Des conditions qui ont poussé le Japon a voté une nouvelle loi début septembre. Désormais tout nouvel hôtel devra avoir 1% du nombre total de ses chambres accessibles aux handicapés. 

Vendée Globe

La fameuse course à la voile autour du monde, en solitaire, sans assistance et sans escale est de retour le 8 novembre prochain pour son traditionnel départ aux Sables d’Olonne. Qu’on soit amateur de voile ou non, cette compétition attire l’attention. Ce défi dans lequel s’élance ces 34 skippers semblent si périlleux qu’on se demande quel grain de folie il faut avoir pour se dire qu’on s’élance seul dans un tour du monde. Néanmoins, au-delà du défi humain, il est toujours intéressant de s’arrêter sur l’aspect technologique et le développement des bateaux avec notamment ceux qui disposeront cette année de bateaux neufs conçus en fonction de la dernière jauge IMOCA. Ils sont 9 dans ce cas à s’être officiellement déclarés candidats. Cette année sera aussi peut-être une édition record en termes de participation féminine puisque six femmes ont postulé. 

W Series

La W Series est le premier et unique championnat de monoplaces de niveau F3 entièrement réservée aux femmes. Cette compétition qui a vu le jour en 2019 a rassemblé 20 pilotes sur 6 courses. En 2020, deux nouvelles courses s’ajoutent au calendrier avec une course à Austin le 24 octobre et une autre à Mexico le 31 octobre. Ces deux courses se tiendront en marge des épreuves de Formule 1 et profiteront d’une couverture médiatique renforcée et non négligeable pour cette épreuve qui contribue directement à la diversité et à l’inclusion dans le sport automobile. 

Youtube

Youtube est une plateforme clé pour le sport et en particulier pour les athlètes qui sont devenus de plus en plus des créateurs de contenus. Il y a les youtubeurs comme Logan Paul qui sont devenus boxeurs et puis il y a les athlètes comme Evan Fournier ou Lando Norris qui ont décidé de créer leurs chaînes pour lancer leur websérie ou tout simplement vlogguer les dessous de leur vie de pilote de Formule 1. C’est aussi sur Youtube qu’on peut retrouver des contenus plus élaborés, plus immersifs et de plus en plus de structures sportives ont compris qu’elles pouvaient produire des vidéos de 120 secondes pour les réseaux sociaux comme Facebook, IGTV et Twitter mais aussi des formats originaux plus longs de 20 minutes pour Youtube sans se contraindre à couper partout. On retrouve aussi des chaînes comme Copa90 qui se permet de faire des reportages de près de 50 minutes sur le derby berlinois et qui cumule plus de 330 000 vues. Youtube sera aussi toujours essentiel pour la retransmission d’événements sportifs comme l’illustre l’INEOS 1 :59 Challenge ou pour les lignes d’arrivées d’événements amateurs. 

Z

La génération Z est la génération de demain à conquérir pour les marques et clubs sportifs. Certains marketeurs la prennent un peu de haut en la jugeant volatile et pourtant, c’est une génération qui apporte de l’importance au sens, à l’identité et qui certes n’hésitera pas à aller voir ailleurs si elle n’est pas convaincue par ce que vous proposez mais saura aussi dépenser son argent si elle en voit l’intérêt. La génération Z est une génération qui a accès à tout et c’est pour cela que si elle n’a pas ce qu’elle attend, elle zappe jusqu’à trouver ce qui la satisfait. C’est aussi une génération qui accorde plus d’importance à un athlète qu’à une institution et cela change beaucoup de choses. Le fait que Ronaldo a plus de fan sur Instagram que la Juventus et gagne plus d’argent avec la plateforme qu’en jouant au football l’illustre bien. Pareil pour Lebron. Oui, les athlètes ont dépassé l’institution grâce à cette génération Z qui n’a pas eu besoin d’un club pour découvrir un joueur car elle avait internet pour regarder des compilations de ses meilleures actions. La génération Z est exigeante, aime la technologie mais apporte aussi beaucoup d’importance à l’expérience. C’est la génération de la festivalisation et c’est exactement ce que Liberty Media cherche à créer en Formule 1 en proposant une expérience sportive mais aussi musicale avec des concerts, et divertissantes avec des fanzones et les jeux vidéos. C’est la génération à conquérir et Nielsen a produit un excellent report pour mieux la comprendre.


Alors, un thème qui vous inspire plus qu’un autre ? Une tendance à rectifier ? En tout cas, on a hâte de voir comment plusieurs de ces thématiques auront évolué d’ici la fin de l’année afin de découvrir les nouveaux challenges qu’elles nous réservent pour 2021.

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