Nous somme le 18 mars. J’entame ma cinquième journée de confinement. Il en reste minimum encore 13.

Bon, ce n’est pas non plus comme si on n’avait pas eu le temps de s’y préparer psychologiquement et que cela ne faisait pas trois semaines qu’il n’y a pas un matin où on se lève sans un nouveau message d’Olivier Véran, d’Edouard Philippe ou d’Emmanuel Macron pour nous rappeler d’être prudent. A partir du moment où les Italiens ont instauré le confinement, il fallait se douter qu’on finirait par faire la même chose et il n’y avait pas besoin d’avoir un oncle ou une cousine qui connaît quelqu’un au Ministère de l’Intérieur pour le deviner.

De mon côté, même si j’ai attendu samedi pour me plonger dans le confinement total (ou presque parce que j’ai un peu triché), j’ai anticipé au maximum. J’ai arrêté de voir ma grand-mère depuis le 7 mars et même si ça me brise le coeur de la savoir seule chez elle, il y a trop de risque que je sois porteuse pour la voir même cinq minutes. Afin d’éviter la ruée dans les magasins comme on le voit ces derniers jours, j’ai fait les courses importantes le 10 (pour le fameux pack de papier toilette) et les dernières courses alimentaires le 12. Puis arrive le drame, le moment où j’ai triché : je suis sortie lundi. Montre en main, ma sortie a duré moins de 30 minutes et j’ai fréquenté 4 personnes mais j’avais une bonne raison : les pollens.

Qui s’est réveillée les yeux rouges, le nez qui coule, avec des éternuments incessants et des difficultés à respirer lundi matin ? C’est bibi. Ces derniers jours ont nous a tellement parlé de ce virus qu’on en oublierait presque que le printemps n’est plus très loin et que les pollens ne vont pas nous laisser tranquille sous prétexte qu’ils ont de la concurrence sur le marché des symptômes emmerdants. Il a donc fallu prendre le taureau par les cornes et refaire le stock de médicaments que je n’avais pas anticipé (j’avais un peu aussi autre chose à faire avec Josette ces deux derniers mois…). Si je glisse aussi que le pollen est revenu c’est pour vous dire de ne pas vous inquiéter si vous présentez ce genre de symptômes, c’est juste que c’est la saison qui veut ça. Comme tous les ans.

On ne va pas se mentir, rester chez soi ce n’est pas très compliqué. Quand il fait un temps apocalyptique parce que les tempêtes Ines, Leon et Dennis font des siennes, personne ne se fait prier pour rester chiller sur son canapé. Le problème c’est que habituellement, c’est nous qui nous restreignons de ne pas sortir. Aujourd’hui, c’est l’Etat qui nous l’interdit et vous savez quoi, je crois que nous, les français, on a beaucoup de mal à accepter qu’on nous donne des ordres. En particulier quand c’est pour nous priver de liberté.

Pourtant ce n’est pas sorcier : on est en guerre. Ce n’est pas moi qui le dit mais Macron. Il l’a même dit 6 fois lundi soir.

G. U. E. R. R. E.

Un mot qui ne donne pas beaucoup de points au Scrabble mais dont les six lettres réunies donnent une définition à la consonance plutôt alarmante et sérieuse. Je ne parle pas d’une partie de Risk mais bien d’une vraie guerre. Une guerre sans armes ni bombes jetées du ciel mais une guerre quand même. D’ailleurs, je pense que c’est le fait qu’il n’y ait aucune manifestation physique de l’idée qu’on se fait d’une guerre comme ont pu nous le raconter nos grand-parents qui rend difficile à faire comprendre aux abrutis qui sortaient dans les parcs dimanche après-midi avec leur nouveau-né que c’est sérieux ce qu’il se passe. Les mêmes qui vous disent « Je crois que ce que je vois » et qui tant qu’ils ne sont pas touchés de près ou de loin par le virus considèrent que « ce n’est rien ». C’est sûr que 167 000 cas dans le monde, c’est rien. Enfin par contre si on transformait ce nombre en euros, alors là on se rendrait compte que c’est beaucoup parce que vous savez bien, tout est une question d’unité… ou de taille. Bref.

De mon côté, ça a été très difficile de faire comprendre à mon frère que le plus gros danger de ce virus c’est qu’il peut être asymptomatique. Là encore, on a du mal à imaginer qu’on peut être malade et en bonne santé. Qu’il peut être bénin pour une personne et grave pour une autre. Que deux personnes de la même famille peuvent réagir au virus de manière différente. Que même si mon frère se sent en pleine forme, il est peut-être infecté et peut transmettre ce virus aux personnes qu’il voit s’il sort et donc aussi aux personnes avec lesquelles il vit (aka moi). Croyez-moi, ce n’est pas simple à lui faire entendre surtout quand Macron fait tout pour éviter de dire le mot « confinement ». J’ai aussi oublié de vous dire que mon frère est hyperactif. Déjà qu’il déborde d’énergie habituellement mais là, c’est encore pire. Il a tellement d’énergie qu’il me fatigue moralement. Je vous assure que c’est possible. Vous voyez les lapins Duracell ? Mon frangin c’est pire, une Une pile électrique à durée de vie illimitée. C’est le genre de personnes qui passe son temps dehors, à faire du sport, qui a besoin de prendre l’air, qui doit être occupé d’une manière ou d’une autre et même si la Playstation ça distrait une heure, ça ne va pas faire le boulot encore 13 jours.

Je disais donc que je comprends que pour certains il est difficile d’enregistrer qu’on est en guerre. On pensait tous que la troisième guerre mondiale serait une résultante d’une action stupide de Donald Trump mais on hésitait encore sur le pays qu’il attaquerait en premier. La Corée du Nord, la Russie, l’Iran… Il y avait de quoi lancer des paris. Que nenni, notre ennemi est un virus et nous sommes dans une configuration de guerre nouvelle où le monde entier s’allie pour se liguer contre le Covid-19. Une guerre bactériologique, manquait plus que ça. Non mais sérieusement, qui va signer le traité d’une armistice dans ce contexte là alors qu’on ne sait même pas exactement contre qui on se bat ? Parce que je vous préviens, le personnel de santé en aura tellement bavé qu’on va ajouter un nouveau jour férié au calendrier pour les célébrer.

Il reste donc minimum 13 jours (car on n’est pas dupe…) et j’ai décidé que si la seule solution pour que je sorte de chez moi afin de ne pas devenir dingue est de me mettre à la course, alors c’est officiel, je sors les baskets ce soir. En plus, ce serait pas mal pour éliminer les deux-trois kilos qui sont en route pour venir se loger dans les fesses parce que qui dit home office dit je manque tout le temps. Grrrr… déjà que je travaille à côté de la cuisine donc je grignote mais le pompon, c’est que je me suis mise à faire des gâteaux. C’est le genre de chose qui ne m’arrive jamais sauf éventuellement quand on fait un anniversaire surprise et que personne ne se propose pour faire un fondant au chocolat ou que les bananes sont en train de pourrir et qu’il ne reste plus qu’à faire un banana bread pour les sauver.

Revenons en à ce confinement, la situation idéale pour que les esprits s’échauffent. Habituellement, c’est quand on parle de religion que les désaccords naissent. Quand quelqu’un qui est athée dit à quelqu’un qui croit en Dieu « bah quoi, tu l’as déjà rencontré Jésus pour croire en son père ? ». J’ose espérer que dans le contexte actuel il ne faut pas en arriver à croiser la route du Covid-19 pour croire qu’il existe car cela pourrait dire qu’il est déjà trop tard pour certains. La situation est sérieuse, on n’est pas dans un épisode de 24h chrono. On ne va pas se réveiller demain avec un nouveau script et Jake Bauer ne va pas nous sauver à 23h59 et 52 secondes.

Oui ça va être long, oui vous pouvez râler mais on est au 21ème siècle et par chance, il existe des centaines de façons de vous distraire ces 13 prochains jours. D’ailleurs, je vous partagerai mes distractions favorites (autre que de faire des gâteaux) demain. Pour vous donner des idées ou alors que vous me donniez les vôtres.

A demain, prenez soin de vous ♥

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